[Parage] Ma technique de parage
En matière de parage, je ne me revendique d’aucune « école ». J’ai appris sur le tas, en observant, en réfléchissant, en faisant des essais, en me documentant… J’ai décidé de partager avec vous ma méthode de parage qui, pour le moment, semble bien convenir à ma jument. Attention ! Je suis loin d’être une pro, je vous invite donc à vous référer à un vrai professionnel avant de tenter toute expérience malencontreuse sur votre cheval.
1) Observer le pied :
Je commence par observer le pied sous toutes ses coutures : de face, de profil, de derrière, de dessous. J’observe ma jument en fonctionnement : sa façon de marcher, de poser son pied, de dérouler le pied… Je commence à visualiser ce qu’il va falloir que j’enlève, que je corrige… Pour ma jument, ça va assez vite car je commence à bien connaître chacun de ses pieds et leurs défauts mais c’est vrai qu’au début, j’avais vraiment besoin de ce temps d’observation pour me faire une idée de ce que j’avais à faire.
2) Abaisser la paroi :
Pour ma part, je démarre en abaissant la paroi. Pour cela, je commence par chercher la ligne blanche. En effet, le pied doit reposer sur la ligne blanche et la paroi. La ligne blanche va donc me donner la hauteur de ma paroi. Je vais gratter doucement avec ma renette pour dégager la ligne blanche. Celle-ci doit être blanche, propre, sans petites impuretés logées à l’intérieur et sans distensions ou décollement de la paroi. Je dégage la ligne blanche sur la partie allant des quartiers à la pince. Pour le moment, je ne me préoccupe pas des talons. Une fois ma ligne blanche dégagée, je râpe avec ma râpe bien à plat sur le pied jusqu’à mettre la paroi au niveau de la ligne blanche.
3) Trouver la bonne hauteur de talon :
J’observe mon pied de profil. Je dois trouver une hauteur de talon de 3 cm (3.5 cm avec le glome). J’évalue ainsi l’excédent à supprimer. Je râpe la paroi allant des quartiers aux talons. Vu de derrière le pied tenu en main, mes talons mesurent 0.5 à 0.8 cm. Puis, je fais le « raccord » au niveau des quartiers. J’en profite pour faire le scoop : je donne quelques coups de râpe supplémentaires au niveau des quartiers pour les abaisser un peu plus. Ceci permettra de favoriser la dilatation du pied au cours du mouvement.
4) Supprimer les évasements :
Je travaille ensuite la paroi par le dessus du pied pour corriger les évasements, c’est-à-dire tout ce qui s’est « étalé » par rapport à la pousse normale du pied.
Avant d’aller plus loin, je vérifie que la paroi en pince est dans l’alignement du paturon. Je vérifie également que cette paroi forme un angle approximatif de 45 degrés avec le sol (55 degrés pour les postérieurs). L’angle formé par la ligne de la couronne et le sol dans mon pied vu de profil doit être d’environ 30 degrés. Enfin, de face, la ligne de la couronne est parallèle au sol.
5) Faire le roll :
Le roll doit être assez important en pince et disparaître progressivement pour se terminer au niveau des quartiers. Je râpe mon pied par le dessous en tenant ma râpe à 45 degrés par rapport au sol. Je fignole les angles du roll par dessus le pied.
6) Travailler la fourchette :
Je taille les côtés de la fourchette en tenant ma renette à 45 degrés par rapport à la sole. Normalement, la fourchette ne doit pas avoir une longueur supérieure à 2/3 de la longueur du pied et doit faire presque 0cm d’épaisseur au niveau de l’apex (la pointe de la fourchette). Je nettoie également la lacune centrale en enlevant les tissus morts si besoin. Une lacune centrale correcte est existante mais pas profonde, un peu comme l’empreinte d’un pouce dans de l’argile. Je nettoie les lacunes latérales en grattant à l’aide de mes renettes. En faisant cela, j’élimine toute la barre qui envahit un peu trop le pied. Des barres correctement abaissées ne doivent pas retenir la terre quand le cheval marche dedans. Elles éviteront à la fourchette de se contracter.
7) Nettoyer la sole :
Je gratte toute la sole crayeuse qui part facilement. En faisant cela, j’élimine toutes les petites fissures qui existent dans le pied. Si besoin, je touche un peu la sole pour la rendre un peu plus concave. On ne touche surtout pas au croissant de lune (la partie de la sole située entre la pince et 1cm de l’apex de la fourchette). J’abaisse mes barres si elles dépassent la hauteur de la paroi. Des barres correctes doivent être dans la continuité des talons donc à la même hauteur et s’enfoncer en pente douce dans le pied pour se terminer au niveau du milieu de la fourchette avec une hauteur de 0cm.
8) Faire les opening cuts :
Je termine enfin mon parage en pratiquant les opening cuts sur les pieds qui en ont besoin, c’est-à-dire que je râpe mes talons de l’intérieur vers l’extérieur de manière à éliminer les « pointes de corne » et ainsi permettre au pied qui en a besoin de s’ouvrir plus facilement.
Bien entendu, tout au long de mon parage, je prends soin de vérifier régulièrement mes aplombs et le parallélisme de ce que je fais.