[Coup de gueule] Mon chwal ceux cabre o boulo: tro koul jfè 2 l’étology!!!
J’vous explique… Tout est parti d’une vidéo « likée » par une cavalière que je suis sur Fesse-bouc… une vidéo de Jean d’Orgeix (celle-ci pour être précise). Il y traite de l’extension d’encolure d’une manière que je trouve très juste. Mais ce n’est pas ce qui m’a interpellée… C’est plutôt la façon dont D’Orgeix aborde l’exercice. Pour être sincère, je l’ai trouvée très logique et surtout… dans l’air du temps… Voici le message que j’ai rédigé lorsque j’ai partagé cette vidéo sur mon profil:
« Comme quoi, les soit disant « chuchoteurs » n’ont absolument rien inventé ;p… Ici, Jean d’Orgeix (entraineur national de saut d’obstacles entre 1973 et 1977) qui utilise la notion de « confort/inconfort » pour demander une extension d’encolure à un jeune cheval… notion présentée comme une révolution en matière d’apprentissage par les « chuchoteurs » et autres « éthologues du dimanche » (l’éthologie étant l’étude du comportement des animaux et non le dressage des chevaux ni même l’utilisation ou la reproduction de comportements « animaux » pour le dressage des chevaux, tous ceux qui disent « faire de l’éthologie » devraient déjà commencer par « faire un effort » et ouvrir le Petit Robert pour découvrir (enfin!) ce que signifie vraiment le terme « éthologie »)(promis, le dictionnaire ne mord pas les petites filles (et garçon, soyons pas sectaire…) de moins de 18 ans qui croient que l’aboutissement du travail de « Poneeeeeeeey!! hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!! » consiste à le faire se coucher sur un ordre vocal/poser un genou au sol/se cabrer (plus ou moins) sur demande (ne rayez aucune mention) le tout affublé de son plus beau tapis rose/mauve/à paillettes (ne rayez toujours aucune mention) assorti au bonnet, aux guêtres et à la muselaine ou nasaline du filet… Ca, c’est du spectacle, pas de l’éthologie. C’est une discipline à part entière et suffisamment exigeante pour ne pas être confondue avec des soit-disant méthodes d’apprentissage ou avec cette science qu’est l’éthologie…) Bref… Avant de nous tourner vers ces méthodes miracles venue du pays du grand M jaune, prenons le temps de nous documenter sur nos méthodes françaises et européennes, vieilles de plusieurs siècles. Elles pourraient bien nous surprendre de par leur modernité … A bon entendeur… »
Et ci-dessous la réponse faite à un ami qui a brièvement commenté la publication:
« Quand je vois que les gosses sont finalement hyper admiratifs devant une jambette ou un tour de cirque qu’ils analysent comme l’aboutissement de la communication entre le cheval et son humain alors que la réalisation de cession de nuque, de mâchoire, de flexions ou d’extensions d’encolure, de quelques pas de reculé sur un cheval qui vient de l’apprendre, de transitions dans une légèreté quasi parfaite ne leur font absolument rien, je me dis que c’est pas étonnant qu’on soit si mauvais au niveau international et que l’apprentissage en club soit rejeté par une grosse partie des cavaliers de France… Au delà du débat « étho-prout américaine VS méthodes classiques européennes », il y a toute une remise en question à faire sur ce qu’on juge assez important pour être enseigné dans les centres équestres… Malheureusement, aujourd’hui, les cavaliers (surtout les cavaliers du dimanche qui débutent) veulent tout tout de suite et surtout veulent du bling-bling, du « m’as-tu vu »… Exit la patience, les longues années d’apprentissage pour l’homme comme pour le cheval… Il faut tout de suite sauter des barres, le plus haut possible, faire de la compétition, être pointu techniquement… Tant pis si ça va trop vite pour le cheval ou pour le cavalier (il y a aussi des cavaliers qui ne veulent pas de cette compétition d’apparences), il faut, il faut, il faut… Finalement, il faut juste rentrer dans le moule qu’on nous impose, sauf qu’on ne parle pas d’un vélo ou d’une moto, on parle d’êtres vivants, de deux mentalités qui doivent s’apprivoiser pour se comprendre et s’harmoniser… A la base, ces méthodes américaines se vantaient de permettre au cheval de s’exprimer, au cavalier de se révéler…Et finalement avec le recul, on s’aperçoit que ça a juste servi à créer un nouveau carcan (cf la méthode La Cense que si t’as pas la panoplie stick/licol/longe/slip (je rigole pour le slip mais on est pas loin de la vérité) estampillé La Cense qui aura nécessité que tu hypothèques ta grand-mère pour te l’offrir, tu es pas un vrai cavalier étho (snif) et donc tu es ABSOLUMENT pas en mesure de communiquer avec ton cheval et de le sublimer TOI (ui « sublimer » est à la mode dans les émissions de cuisine alors je le reprends ici… cuisine… cheval… lasagnes… tu vois le lien —-> me cherches pas je suis déjà dehors), un nouveau « moule » dans lequel il faut une fois de plus rentrer pour faire partie de cette « belle et grande famille » de « l’équitation éthologique » (quel jolie expression qui ne veut rien dire)… C’est triste… Les nouveaux cavaliers cherchent en fin de compte un « remède » à ce que les clubs ne leur offrent pas et se tournent vers ces méthodes miracles alors que la solution est sous nos yeux depuis des siècles: patience, écoute, persévérance, respect, humilité et remise en question… Toutes ces notions qui ont disparu de notre société actuelle dont le monde du cheval n’est que le triste reflet… »
Voila, c’est mon point de vue de petite humaine en recherche de communication avec sa jument… Je ne suis absolument pas anti-méthodes américaines mais plutôt contre le mauvais usage qui en est fait… Et surtout, je ne comprends pas ce rejet par toute notre génération des méthodes européennes (certains diront « à l’ancienne ») certes moins « m’as-tu vu » et spectaculaires mais tout autant (si ce n’est plus) respectueuses et logiques…